Caribous. Parc de Kuruurjuaq.Robert Fréchette, ARK

Les basses terres de l’Ungava, d’une altitude moyenne de 230 m, s’élèvent graduellement vers les plateaux de la rivière Koroc. Contrairement au reste du parc, ce paysage, composé de collines aux surfaces rocheuses polies par l’érosion glaciaire, comporte plusieurs plans d’eau douce dont le plus grand, le lac Qarliik, rappelle la forme d’un pantalon. Les côtes sont, quant à elles, bordées de plages actuelles et de plages soulevées, jadis érigées par la mer D’Iberville. La côte est balayée par de fortes marées, dont l’amplitude peut atteindre 8 m à l’embouchure de la rivière Koroc. Le paysage, dont le panorama diffère du reste du parc, rassemble des milieux d’eau douce, d’eau saumâtre et d’eau salée qui offrent un environnement d’une grande richesse pour la faune et la flore du parc.
La rivière Koroc, d’une longueur totale de 166 km, prend sa source dans les monts Torngat et draine pratiquement tout le territoire du parc avant d’en sortir pour se jeter dans la baie d’Ungava. On trouve le long du parcours de cette rivière souvent tumultueuse la magnifique chute Korluktok, dont le dénivelé est d’une trentaine de mètres. La large vallée de la rivière Koroc est le résultat du travail colossal des glaciers qui ont façonné le paysage. On trouve de nombreuses vallées suspendues parmi les vallées tributaires de la rivière Koroc qui ont aussi été remodelées lors de la dernière glaciation. Au pied des versants abrupts, plusieurs cônes et talus d’éboulis témoignent de l’évolution du paysage qui a subi l’action du gel et du dégel. Les nombreux cônes alluviaux observés en bordure de la rivière sont, quant à eux, des indicateurs d’événements catastrophiques passés tels que des crues extrêmes, qui ont réactivé les dépôts fluvioglaciaires au fond de la vallée.
Une balade dans la vallée de la rivière Koroc, laquelle est bordée par des parois prenant par endroits des teintes de rouille en raison de l’altération du gneiss, donne une impression de grandeur. Cette impression s’accentue lorsqu’on gravit l’un des sommets tels que le mont Haywood qui surplombent le plateau de la Koroc et offre une vue imprenable sur l’immensité de ce territoire incisé par les multiples rivières qui rejoignent la rivière Koroc.
D’une altitude moyenne de 760 m, les plateaux uniformes de la rivière Koroc s’élèvent graduellement pour rejoindre le massif des monts Torngat, dont la formation a débuté il y a 1,8 milliard d’années, sous l’effet des mouvements internes de la Terre. La rencontre de la province géologique de Nain et celle de Churchill a entraîné la formation de montagnes hautes de dizaines de milliers de mètres. Érodé pendant plusieurs millions d’années, le massif des monts Torngat a pris sa forme actuelle lors de l’ouverture de l’océan Atlantique qui a provoqué un soulèvement produisant le massif montagneux le plus élevé de l’Est du Canada. Axe montagneux situé à l’extrémité est du parc, les monts Torngat créent une frontière naturelle avec le Labrador. Le mont D’Iberville, atteignant 1 646 m, domine ce secteur montagneux très accidenté. Ce paysage est composé de crêtes rocheuses, de champs de blocs, de parois abruptes et de cirques glaciaires au pied desquels on trouve parfois des lacs glaciaires.
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