KuururjuaqKuururjuaq

Joyau du Nunavik, le parc national Kuururjuaq s’étend de la baie d'Ungava jusqu'au sommet du mont D'Iberville, dans les monts Torngat. Parcouru depuis des millénaires par les Inuits de la région, ce territoire exceptionnel offre aux visiteurs des sommets vertigineux et une rivière magnifique propice aux activités d'eau vive. La rivière Koroc prend naissance à la frontière du Labrador et coule sur 160 km en direction de la baie d’Ungava. Culminant à 1 646 mètres, le mont D’Iberville domine le territoire du parc. ​​​​Du sommet, le paysage est grandi​ose, et à l'est, la vue porte jusqu'à la mer du Labrador. Été comme Hiver, imaginez-vous parcourir en randonnée, ou en ski nordique, ces trésors du Nunavik.

Parc national Kuururjuaq​
PO Box 30
Kangiqsualujjuaq (Quebec)
J0M 1N0
819-337-5454

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​​Une occupation millénaire

Imaginez des traces de l’occupation millénaire du territoire ​très présentes, partout dans le parc. Une trentaine de sites archéologiques ou historiques y ont été répertoriés. Certains emplacements ont permis de trouver des résidus de taille du métachert, une pierre très prisée pendant la préhistoire au Nunavik. Cette pierre aux arêtes tranchantes était extraite dans la baie de Ramah, au Labrador. Elle a été retrouvée à de nombreux endroits sur les côtes de la baie d’Ungava, ce qui suggère que la vallée de la rivière Koroc était utilisée pour son transport d’est en ouest. Aujourd'hui il est possible de faire revivre ce lieu de passage au cours d'une expérience unique de descente de rivière.

​​L'esprit des monts Torngat : Torngak

Transmis de génération en génération par la tradition orale, les mythes et les légendes donnent une saveur unique au lieu. Certaines histoires racontent la présence de personnages mythiques, tel Torngak, l’esprit malicieux des monts Torngat, qui plaçait des obstacles sur le chemin des visiteurs. On raconte aussi l’existence d’un ours blanc géant, Nanuklurk, responsable du bris des glaces sur la côte du Labrador. Imaginez-vous au beau milieu des montagnes, portés par ces légendes.

​Le village d'accueil : Kangiqsualujjuaq

Contrairement à la côte ouest de la baie d’Ungava, l’établissement de campements permanents s’est fait tardivement sur la côte est, possiblement en raison du relief accidenté et de l’ampleur des marées. Suivant l’établissement des premiers postes de traite vers la fin du XVIIIe siècle, les Inuits semi-nomades se sont regroupés dans l’anse Akilasakallak sur la rivière George pour former le village de Kangiqsualujjuaq en 1962. Kangiqsualujjuaq, qui veut dire «​ la très grande baie », ​est le village le plus à l'est du Nunavik. Sa population est aujourd'hui de près de 1 000 habitants.​

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Le parc national Kuururjuaq a comme but principal de protéger un territoire représentatif des contreforts des monts Torngat​​​.

​​Les monts Torngat

La formation des monts Torngat a débuté il y a 1,8 milliard d’années, sous l’effet des mouvements internes de la Terre. La rencontre de la province géologique de Nain et celle de Churchill a entraîné la formation de montagnes hautes de dizaines de milliers de mètres. Érodé pendant plusieurs millions d’années, le massif des monts Torngat a pris sa forme actuelle lors de l’ouverture de l’océan Atlantique, qui a provoqué un soulèvement, produisant le massif montagneux le plus élevé de l’Est du Canada. Les monts Torngat créent une frontière naturelle avec le Labrador. Le mont D’Iberville, atteignant 1 646 mètres, domine ce secteur montagneux très accidenté. 

La Koroc​​

La rivière Koroc, d’une longueur totale de 166 km, prend sa source dans les monts Torngat et draine pratiquement tout le territoire du parc avant de se jeter dans la baie d’Ungava. On trouve le long du parcours de cette rivière souvent tumultueuse la magnifique chute Korluktok, dont le dénivelé est d’une trentaine de mètres. La large vallée de la rivière Koroc est le résultat du travail colossal des glaciers qui ont façonné le paysage. 

Une excursion dans la vallée de la rivière Koroc, laquelle est bordée par des parois prenant par endroits des teintes de rouille en raison de l’altération du gneiss, donne une impression de grandeur. Cette impression s’accentue lorsqu’on gravit l’un des sommets tels que le mont Haywood qui surplombent le plateau de la Koroc et offre une vue imprenable sur l’immensité de ce territoire incisé par les multiples rivières qui rejoignent la rivière Koroc.

La faune​​

La faune du parc est relativement variée en raison de la grande diversité d’habitats. En effet, le territoire abrite une dizaine de mammifères marins, plusieurs oiseaux forestiers, 24 espèces de mammifères terrestres et presque autant d’espèces de poissons.

Le phoque annelé (natsiq) est le plus abondant des quatre espèces de phoques pouvant être observées dans le secteur maritime du parc. Il se distingue par son dos foncé parsemé d’anneaux pâles et son ventre gris argenté. Le printemps et l’automne sont les saisons les plus propices à son observation dans l’estuaire de la rivière George et sur la côte de la baie d’Ungava. Le béluga de la baie d’Ungava est également présent dans ces eaux, mais en saison estivale. Les jeunes qui naissent à la fin de mai sont d’une couleur gris charbon, dont l’intensité diminue avec l’âge. Observés à l’embouchure de la rivière Koroc, les bélugas se nourrissent des nombreuses espèces de poissons qu'offre la rivière.

L’omble chevalier, l’omble de fontaine, le grand corégone, le touladi et le saumon de l’Atlantique sont parmi les espèces que l’on trouve dans la rivière Koroc. L’omble chevalier est sans contredit le plus abondant. Les Inuits lui donnent plusieurs noms tels que aupalajaak lorsqu’il est rouge en période de frai vers la fin de l’été, iqalupik pour désigner les espèces anadromes et nutillik pour ceux qui sont confinés en eau douce.

La vallée de la rivière Koroc, qui offre un milieu abrité, élargit l’éventail d’espèces habituellement observées en milieu nordique. Ainsi, on trouve dans le parc le renard roux autant que le renard arctique, le tétras d’Amérique aussi bien que le lagopède des saules et l’ours noir tout comme l’ours blanc. Il est à noter que si l’ours noir, situé à la limite nord de son aire de répartition, peut être aperçu dans la vallée de la rivière Koroc en période estivale, son homologue polaire n’est que rarement observé en période hivernale.

C’est toutefois le caribou qui retient souvent toute notre attention. Deux troupeaux fréquentent le parc national Kuururjuaq. Si la population de caribous toundriques de la rivière George constitue encore l’un des plus gros troupeaux au Québec (environ 15 000 têtes), les caribous montagnards des monts Torngat sont beaucoup moins nombreux et moins connus – moins de 1 000 têtes. Ces derniers font l’objet d’un suivi télémétrique afin d’approfondir les connaissances du troupeau.​

La flore​​

En dépit de sa latitude nordique, la végétation du parc est relativement diversifiée en raison de la physiographie du parc. On trouve dans les secteurs montagneux et les hauts plateaux une végétation arctique-alpine composée principalement de lichens et de mousses recouvrant le sol aride, où les arbres, même rabougris, sont absents.

Dans la vallée de la rivière Koroc, sous les 275 m d’altitude, on trouve une enclave boréale en milieu arctique qui abrite de vieilles forêts dominées par l’épinette noire et le mélèze. On trouve également, sur un des versants exposés au sud de la rivière Koroc, le peuplement de bouleau à papier le plus nordique connu au Québec. Ces 200 individus reliques nous rappellent que le paysage est en constante évolution.

Dans certains milieux plus humides, on peut observer des tourbières à palses. Ces petits monticules de tourbe, dont le centre est gelé, sont un important indicateur des conséquences attribuables au réchauffement climatique puisque leur dégradation liée à la fonte de la glace est facilement observable.​